Il y a très longtemps Jacques Picoux s’entouraient de velours et de soies qui caressaient et protégeaient une peau trop sensible, aux blessures surgies d’une vie lointaine. Puis il colla des petits papiers formant des pansements qui cachaient les plaies. Et les papiers prirent corps.
Le temps passa…
Une nuit, Jacques fait un songe étrange : il organise une belle farce dans laquelle les acteurs qui l’entourent sont aveugles, sourds et muets : ils ne le voient pas, il est libre, Jacques de danser, de virevolter et de laisser enfin exprimer sa joie. Aucune main ne peut le toucher, l’approcher : un grand « Colin Maillard » !!!
Alors, il coud, il brode et borde ses visages muets, à sa manière et à son goût : c’est lui qui tire les fils.
La « diseuse de bonne aventure » est épinglée à son tour car Jacques tire l’aiguille et la plante là où çà fait mal, pour notre plus grand bien !
Dans une douceur multicolore aux couleurs de nostalgie, peu à peu il décolle les couches successives, fossilisées des petits papiers japonais : la cicatrisation a eu lieu : la vie est là ! Le rideau est tombé, le « passe –hirondelle » nous a initié.
Un babillement se fait entendre, puis un frémissement dans l’air du soir. Un souffle léger d’abord puis soudain les petits morceaux de bambou en habit de papier de fête trouvent un rythme dans la main qui les frôlent : ils dansent, exultent et jubilent.
Ils s’accrochent dans nos cheveux pour mieux nous entraîner vers un autre cercle où nous inventerons notre plus beau tableau car Jacques nous a tenu la main pour franchir le « passe hirondelle ».
Arlette Shleifer
Chen Aï Lé
Taipei
Avril 2005
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